La situation politique en IRAN

 

 

Le peuple iranien contre l’aventure nucléaire

du régime Islamique

(Extrait des résolutions du VIIe. Congrés de l’Union des Fédaians du Peuple d’Iran, juillet 2006)

 

Ceux qui, à l’étranger, entendent parler de l’Iran, ces derniers temps, n’auront d’informations que sur le dossier du nucléaire iranien, actuellement devant le Conseil de sécurité des Nation unies. Cependant, en Iran on ne peut pas s’exprimer  librement sur ce sujet, ni sur ses coûts ni sur ses risques réels ou potentiels. Le gouvernement a interdit les informations et les comptes rendus indépendants sur la question du nucléaire et fermé tous les journaux d’opposition. Pendant ce temps, il bombarde continuellement la population de ses litanies en faveur du nucléaire. En cherchant l’aventure nucléaire, le régime Islamique a parallèlement accentué la politique répressive à l’intérieur du pays.

La République Islamique d’Iran ne dispose d’aucune légitimité populaire ni légale. L’élection présidentielle de juin 2005, qui a porté Mahmoud Ahmadinejad au pouvoir, n’a été qu’une mascarade électorale. Plus de 20 millions d’inscrits ont boycotté cette élection. La désignation du nouveau président s’est faite par les interventions directes du  « sérail » d’Ali Khamenei, le guide suprême du régime, du Conseil des gardiens de la Constitution, des Pasdarans (Gardiens de la Révolution Islamique) et des « Bassidjis » (milices islamiques) dans les urnes en faveur de leur candidat. Représentant de la faction la plus réactionnaire et extrémiste du régime islamique, soutenu par les milieux du Renseignement(des services secrets) et des militaires, l’arrivée au pouvoir d’Ahmadinejad, après l’échec et la mise à l’écart des réformateurs islamistes, augurait clairement un durcissement du régime. L’intensification des violations des droits humains, de la censure et de la répression des libertés étouffent le peuple, chaque jour de plus en plus.

A la suite des remaniements internes, au cours des années précédentes, la plupart des centres du pouvoir et des organismes politico-religieux de l’Etat se trouvent concentrés dans les mains de la faction la plus rétrograde du régime, celle de Khamenei. Cependant, le pouvoir en place n’est pas encore unifié et les luttes de clans et de personnes à l’intérieur du régime et au sein même de la faction dominante se poursuivent. Les Pasdarans de haut rang se considèrent désormais comme des partenaires du clergé au pouvoir et pas seulement comme leurs gardiens.

 

Mais face à un régime réactionnaire, antidémocratique et répressif, le refus du peuple iranien, dont sa jeunesse en particulier, la colère des travailleurs (euses) et des salariés(es) et la protestation des masses, se sont maintes fois exprimés. Malgré les interdictions et les intimidations, les résistances démocratiques s’organisent. Devant cette situation politique et sociale, les protestations des étudiants(es), des écrivains, des intellectuels, des journalistes, des enseignants, des infirmiers(ères) et des militants(ets) syndicaux et associatifs prennent de l’ampleur. Pour faire face aux politiques du gouvernement imposant une société d’injustices, d’inégalités et de discriminations, les mouvements sociaux s’organisent, sous diverses formes, à travers le pays.

 

Les travailleurs iraniens ne jouissent, en pratique, d’aucun droit du travail et sont souvent persécutés. Tout syndicat et organisation libre et indépendant, ainsi que tout rassemblement revendicatif et toute grève sont interdits en Iran.

Les masses laborieuses sont confrontées non seulement aux fléaux du capitalisme (de type périphérique), mais elles subissent également les contraintes de genre religieux imposées par le régime islamique. Mais, malgré toutes les interdictions et les répressions policières, le mouvement ouvrier poursuit son combat et s’amplifie. Des centaines de manifestations et de protestations par les travailleurs(euses) des grandes entreprises, de simples rassemblements et sit-ins jusqu’ aux barrages de la rue et aux grèves, ont eu lieu durant l’année précédente pour protester contre le non-paiement des salaires, la précarité et les autres injustices et pour sauvegarder les acquis sociaux. Sans doute, la plus importante de ces manifestations était le combat courageux des milliers de travailleurs du Transport urbain de Téhéran (Sherkate Vahéd) qui réclamaient la reconnaissance de leur syndicat (récemment refondé), la libération des délégués syndicaux emprisonnés ainsi que l’acceptation de négocier des contrats collectifs, et qui ont organisé une série de grèves et d’actions en hiver 2006. La répression à l’encontre de ces travailleurs a été féroce. Mais ils ont bien montré que le droit à s’organiser en syndicat libre est un droit fondamental, et le combat  pour ce droit est inséparable de la lutte de l’ensemble des travailleurs et du peuple iranien pour la démocratie et la justice sociale.

 

Le rassemblement des femmes au centre de Téhéran, le 12 juin 2006, pour protester contre les discriminations honteuses à leur égard, est le dernier exemple de la vivacité du mouvement féministe en Iran. Elles demandaient l’abolition de toutes les lois discriminatoires à l’encontre des femmes ainsi que l'égalité homme-femme dans tous les domaines de la vie. Leur action pacifique a été farouchement réprimée par la police et les agents de sécurité en civil du régime islamique. Les femmes iraniennes, qui sont toujours considérées comme des citoyens de seconde zone, sont encore victimes d’un véritable apartheid sexuel. Malgré les obstacles et les répressions, elles s’organisent de plus en plus en associations et en organisations non gouvernementales en bravant le pouvoir islamique en place.

Les mouvements actuels de protestation en Iran, regroupent aussi des étudiants(es) et des jeunes. En effet, le mouvement étudiant a toujours été une base très importante dans le combat pour la démocratie du peuple iranien. Les étudiants(es) s’engagent activement pour l’instauration des droits et libertés démocratiques et contre le despotisme islamique, et ils expriment ainsi les revendications communes à tous les iraniens et à toutes les iraniennes. Ils sont parmi les premières victimes d’arrestations, de tortures et d’incarcérations par l’appareil de sécurité du régime. Ils continuent leur résistance et leur mouvement dans les universités mais aussi dans les prisons.

 

La persécution des minorités nationales, ethniques et religieuses, comme la violation continuelle des droits de l’homme et des citoyens(ennes), a toujours été une politique du régime islamique qui a pris une rigueur particulière avec l’arrivée au pouvoir de la bande d’Ahmedinejad. Mais les mouvements des minorités ethniques, comme les Kurdes, Azéris(turcs), Arabes ou autres, continuent et la résistance face à la répression et les discriminations ethniques prennent par fois l’ampleur de révoltes populaires comme en été 2005 au Kurdistan d’Iran.

 

La résistance dans tous les domaines de la vie iranienne et les mouvements sociaux se poursuivent, en dépit des attaques constantes du régime en place. Mais ce qui fait finalement défaut à ces mouvements, c’est la liaison nécessaire entre eux. Il est important que l’ensemble des luttes et des mouvements sociaux soient unis pour aboutir à un grand mouvement populaire pour la liberté, la démocratie et la justice sociale.

 

Sur le plan économique, les politiques appliquées par les gouvernements successifs n’ont fait qu’aggraver la crise structurelle. L’Iran est un pays riche, mais entre 30% et 40% de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté. Il compte 5 millions de chômeurs, ce qui représente plus de 20% de sa population active. La flambée des cours du pétrole a doublé, ces derniers temps, les recettes de l’Etat. Mais celui-ci puise à tour de bras dans l’argent du pétrole pour financer ses aventures militaires, les organisations et les fondations politico-religieuses….Ces gaspillages et les autres largesses alimentent aussi une inflation à deux chiffres.

L’immense majorité de la population iranienne est, en fait, lasse des contraintes, de la corruption, de la misère. Ils n’ont point besoin de l’aventure nucléaire. Ce qu’ils demandent c’est la liberté, l’emploi, la justice et la paix. Mais les dirigeants de la République islamique, qui ne veulent pas répondre aux exigences des masses, et qui ne peuvent pas résoudre les graves problèmes intérieurs, pour faire diversion, se lancent dans la fabrication de tensions extérieures. Ils pratiquent une politique à base de populisme islamique et de nationalisme agressif. Ils s’ingèrent dans les affaires intérieures des pays voisins et soutiennent les groupes islamistes extrémistes ou terroristes. Cette politique tout à fait irresponsable du régime met gravement en danger la paix en Iran et dans la région, ainsi que la souveraineté et l’indépendance du pays.

A la suite de ses visées impérialistes, et surtout de ses desseins d’établir le «  grand Moyen-Orient  », le gouvernement des États-unis envisage d’étendre son influence et sa présence politique et militaire dans cette région. Après l’Afghanistan et l’Irak, l’Iran, le Liban et la Syrie constituent les prochaines  cibles régionales de l’intervention américaine. L’aventurisme nucléaire du régime islamique, ainsi que les déclarations racistes et antisémites de son président ont, en effet, donné un bon prétexte pour la politique expansionniste américaine. Alors que le régime au pouvoir ne s’est jusqu'à présent pas soumis aux injonctions de l’ONU, et que l’Union européenne cherche à résoudre la question nucléaire par la négociation, les États-unis envisagent, eux, des sanctions en dehors du cadre onusien, ainsi que des options militaires unilatérales contre l’Iran. Ainsi la crise du nucléaire s’est transformée en une crise

grave sur la scène internationale.

 

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L’Union des Fédaians du Peuple d’Iran, dont le but immédiat est le renversement du régime islamique, et l’instauration d’une république démocratique, laïque, indépendante en Iran, soutient les efforts politiques pour résoudre la crise nucléaire.  Notre organisation est pour un embargo sur la vente d’armes et pour des sanctions politiques et diplomatiques afin d’arracher au régime iranien la suspension de l’enrichissement d’uranium et l’arrêt de son aventure nucléaire. Elle se bat pour la dénucléarisation dans la région  et dans le monde.

Nous sommes entièrement opposés à la guerre et à l’intervention militaire en Iran.

C’est au peuple iranien et à lui seul que revient la tâche de renverser le régime en place, sans intervention des puissances étrangères. C’est par ses mouvements sociaux et politiques que le peuple iranien, avec le soutien des forces progressistes du monde entier, pourra mettre fin au régime islamique dans son pays.

Nous appelons tous les défenseurs des droits de l’homme, toutes les organisations de défense des droits des salariés et toutes les forces de gauche à soutenir le peuple iranien dans sa lutte pour la liberté et la démocratie.

 

Extrait des résolutions du VIIe. Congrés de l’Union des Fédaians du Peuple d’Iran, juillet 2006